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English

This body of work is an attempt to analyse how the spectacular participates in the exercise of power in the context of Italian televisual entertainment. I photographed
the large sets of the greatest Italian commercial broadcaster, located in Milan and
in Rome. My approach was to photograph these places using a large format camera, because I wanted to show the specific optical effects of these imposing decors.
Their hyper-baroque structures, which accumulate elements connoting wealth, their saturated hues and flooding lights, serve to immerse the shows’ participants and audiences in visions of excess.
I believe such environments are constructed with the aim of de-subjectivising
viewers, that is to say leading them to loose a sense of individuality rooted in real-life experiences. We may see in this form of hyper-spectacle the counterpart, in the postmodern Italian age, of the “panem et circenses” behind Roman spectator sports.
This ancient political strategy consisted in providing the people with games to secure their unquestioning approval. Ultimately, these devices for the exercise of power
alienate television audiences by supplanting their subjective reality with the invasive spectacle of a self-contained pseudo-world. My approach seeks to suggest a critical reading of entertainment in our society, by looking into some of the ideas developed
by the philosopher Giorgio Agamben in “What is an apparatus?“.
I chose a photographic type of representation for its ability to pause the frenetic
pace of televisual images. I wanted to provide viewers with images that allow an
analysis of these shows’ mise en scène, or behind the scenes, which is the same
since hyper-spectacle relies on surface appearances. I have enacted, in Agamben’s sense, a profanation of these apparatuses’ controlled and domineering appearance.
For Agamben, to profane signifies to return something to common usage and give
it back to the people. Res Pvblica is my attempt to envision ways of re-appropriating these apparatuses, and thus resist the de-subjectivising process they generate.

Lambda prints, 120 cm over 95 cm under acrylic glass, Edition of seven.

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Français

Ce travail analyse le rapport entre spectacle et pouvoir dans les médias italiens.
Il est constitué de photographies grand format de deux grands plateaux de la plus grande télévision privée italienne à Milan et à Rome.
Mon approche, une photographie à la chambre grand format, vise à montrer
le régime particulier de vibration optique de ces décors imposants. Leurs structures hyper-baroques, leurs rhétoriques connotées de bien-être économique, leurs
couleurs saturées et leurs éclairages inondants visent à immerger les participants
et les téléspectateurs de ces émissions dans un excès visuel qui a pour but de les désubjectiver, c’est-à-dire de leur faire perdre l’expérience de leur individualité.
On peut voir dans cette forme d’hyper-spectacle le pendant, dans le postmoderne
italien, du “panem et circenses” du cirque romain, qui à travers un jeu de pouvoir consistant à offrir des divertissements au peuple, visait à s’assurer son consensus.
Ces dispositifs de pouvoir ont comme effet aliénant ultime de se substituer à la réalité subjective même des spectateurs, qui sont pénétrés par ce pseudo-monde à part.
Je cherche dans mon approche à suggérer une lecture critique du spectacle dans
notre société, en suivant certains concepts développés par le philosophe Giorgio Agamben dans “Qu’est-ce qu’un dispositif?” Mon choix d’une représentation de type photographique vise à stopper le rythme frénétique des images télévisées afin de
rendre analysable leur décor, ou l’envers de leur décor, ce qui revient au même car
en hyper-spectacle tout est surface.
Mon acte est une profanation du monopole d’apparence produit par ces dispositifs,
au sens d’Agamben, pour qui profaner signifie restituer quelque chose à l’usage
commun et à la propriété des hommes. En définitive, mon propos tente d’ouvrir une fenêtre à la réappropriation des dispositifs et ainsi combattre le processus de désubjectivisation que ceux-ci génèrent. 

Impression Lambda, 120 cm sur 95 cm sous verre acrylique, Édition de sept.